La cérémonie de guérison clandestine

La cérémonie de guérison clandestine

« Le gardien du feu à l’extérieur enfonça sa fourche dans les entrailles du feu. Il en dégagea une roche incandescente, pratiquement de la taille d’un ballon de soccer. Il l’achemina avec précaution au centre de la hutte et la fit glisser dans la fosse. L’Aîné poussa un cri bref, mais puissant. Puis, il saupoudra la roche incandescente d’un mélange de tabac et de cèdre, qui crépita et illumina brièvement la hutte minuscule tandis que les jeunes visages déjà brillants en cercle autour du trou regardaient. Le gardien du feu ajouta six autres roches rougeoyantes dans la fosse. Alors, l’Aîné fit tomber le rabat. Il fit tout à coup noir comme dans un four et l’air devint soudainement épais et chaud.
— Voici les sept Grands-pères, mes nièces et mes neveux. Ils sont ici ce soir pour nous aider à guérir, à purifier notre esprit et à nous garder au chaud. Ils sont avec nous depuis très, très longtemps. Ce sont eux qui nous ont fourni nos enseignements. Ce sont eux qui nous ont donné cette cérémonie de guérison. »

Réunis sous la sweatlodge et guidés par l’Aîné selon un rituel ancestral, de jeunes autochtones se voient tour à tour invités à revenir sur un sombre épisode de leur passé. Originaire de la réserve de Wasauksing, dans le Nord ontarien, Waubgeshig Rice veut faire écho dans ce premier recueil de nouvelles à la dure réalité des Premières Nations aujourd’hui. Il a remporté pour ce livre le prestigieux Independent Publishers Book Award en 2012.