le nom de mama

Rosanna Deerchild se fait ici l’écho de sa mère, qui a vécu neuf ans d’enfer dans les pensionnats autochtones du Manitoba. Elle y a subi de la maltraitance, des humiliations de toutes sortes, de la honte, des sévices physiques au point où même les Blancs, qui ne connaissaient rien de sa réalité, ne la croyaient pas. Après cinquante ans, l’auteure aide sa mama à briser enfin le silence.

maintenant
j’ai presque soixante-dix ans

et tu veux que je
partage mon histoire
ok d’abord
la voici
ici dans ce qui n’est pas écrit
ici dans les lignes brisées
de mon corps qui ne pourra jamais oublier

Dans une langue coup de poing, simple, directe, et sans fioritures, Rosanna Deerchild nous rappelle ces pages de l’histoire récente des Autochtones qu’on préférerait certainement oublier.