La postérité du scandale

La figure du marquis de Sade occupe une place privilégiée dans les lettres françaises. Écrivain controversé s’il en est, on a longtemps réservé ses livres à l’« enfer des bibliothèques », tout en les considérant à la fois comme produits d’un libertinage démentiel et symptômes d’une pathologie à laquelle Sade, bien malgré lui, a laissé son nom : le sadisme. La publication relativement récente de ses œuvres — des éditions clandestines du XIXe siècle à son entrée dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque de la Pléiade en 1990 — semble prendre à rebours une condamnation qui paraissait sans appel. Malgré cette rareté du texte, la quantité d’encre qu’a fait couler D.A.F. de Sade depuis deux siècles est vertigineuse ; sa figure est d’autant plus complexe que la fascination qu’il exerce est très grande, et qu’on a inextricablement mêlé anecdotes sur sa vie à ce que son œuvre et sa pensée ont de proprement scandaleux, construisant ainsi une figure proche du mythe, où le territoire de la vérité s’avère difficile à circonscrire. C’est précisément l’analyse de ce mythe que Michaël Trahan propose ici à ses lecteurs. Fascinant !