Lazy Bird

«C’est le premier meurtre qui est le plus difficile, mais l’habitude se crée rapidement... »

Portée par des airs de jazz, Andrée A. Michaud signe ici un polar dont le héros pénètre bien malgré lui dans un univers où l’ombre du doute se fait de plus en plus pesante, soumettant ainsi le lecteur à une tension qui ne se relâchera pas avant qu’il n’ait tourné la dernière page de cette troublante confrontation avec la folie.

Qui est Lazy Bird ? Un oiseau rare ou un oiseau de malheur ? Une pièce musicale de John Coltrane ou une jeune fille perdue ayant un penchant prononcé pour le milk-shake, les gommes Bazooka et Jim Morrison ? Toutes ces réponses se valent, mais la véritable question est plutôt de savoir qui est la mystérieuse femme hantant les nuits de Bob Richard, animateur de radio à la station WZCZ de Solitary Mountain. Dès le jour où cet albinos marqué par son passé accepte de quitter le Québec et de s’exiler au Vermont pour y animer une émission de nuit, le sort en est jeté. Dans la communauté de la montagne solitaire, la menace plane, puis les cadavres de femmes se succèdent pendant que l’étau se resserre inexorablement autour de Richard. Tout ça parce qu’une désaxée s’identifiant à l’héroïne d’un film de Clint Eastwood surgit de la fiction pour réclamer inlassablement au bout du fil : « Play Misty for me.. .»