Disparition et témoignage

A crime imprescriptible, douleur inextinguible.

La terreur engendrée par la « disparition forcée » broie les intimités et défait les liens sociaux. Le pouvoir tente d’empêcher la résistance, mais c’est sous-estimer la mémoire des sens. Se taire est intenable. Et si témoigner totalement semble impossible, les victimes, peu à peu, se transforment en résistantes par leur volonté de dire et de
montrer malgré tout.

Les « Mères de la Place de Mai » ? suivies par les frères et soeurs, les enfants de disparus et les survivants des camps ? nomment l’innommable à travers une parole exploratoire, compensent l’invisible et l’irreprésentable à
travers une esthétique reconstruite, recréent du lien social à travers les petits liens de sens et les émotions des récits partagés. Elles renversent point par point les intentions de déshumanisation.

Mêlant expériences de terrain et témoignages directs de victimes résistantes, cette réflexion transdisciplinaire propose un filet de sens pour appréhender l’horreur.