6 questions à Didier Leclair

1. Qu’est-ce qui déclenche votre écriture? Est-ce un événement, une émotion, un souvenir ou un projet bien déterminé?

Ce qui déclenche mon écriture est un besoin de dire, de décrire, de raconter et de jouer avec les mots. Ça peut être à partir d’une émotion, d’un souvenir ou d’un projet particulier. L’histoire racontée est un ensemble de facteurs liés à l’émotion et au besoin de relater cette émotion de façon à ce que le lectorat ressente un sentiment semblable durant la lecture.

2. Quel est votre rituel d’écriture?

Mon rituel d’écriture est simple. Je m’assois devant mon ordinateur portatif dès que le temps me le permet et j’écris ce qui prend forme dans mon imagination. Je n’ai pas besoin d’avoir un environnement particulier. Il suffit de me donner mon ordinateur portatif et que je sois dans un calme relatif autour de moi pour ne pas me déconcentrer.

3. Dans quelle mesure Toronto reste une ville inspirante pour vous?

Toronto reste et restera toujours la ville d’influence pour moi. C’est une métropole pas très belle pour certains mais elle est peuplée de gens venus d’un peu partout dans le monde. C’est donc une expérience permanente que de vivre ici. On cohabite et on essaye de se connaître.

4. Qu’est-ce, selon vous, l’identité franco-ontarienne?

La communauté franco-ontarienne est un ensemble d’Ontariens d’expression française. Il y a ceux qui sont venus plus tôt et ceux qui s’ajoutent depuis quelques décennies. Ils ont en commun la langue française et le besoin de garder cette langue pour les générations à venir en Ontario. L’identité franco-ontarienne, c’est un visage multiculturel parlant la même langue, avec des intonations différentes.

5. Avez-vous écrit Pour l’amour de Dimitri pour une occasion spéciale?

J’ai écrit Pour l’amour de Dimitri après avoir posé la question suivante : A-t-on l’enfant qu’on veut? Ou a-t-on l’enfant qu’on a? Et la réponse est qu’on a l’enfant qu’on a et on essaye de le rendre aussi beau et bon que l’enfant qu’on a toujours voulu. C’est facile pour un parent de penser qu’il a l’enfant qu’il a mais quand on regarde agir de nombreux parents, on se rend compte qu’ils croient qu’ils ont l’enfant idéal, celui de leur imagination. Voilà la prémisse de mon roman.

6. Vous y mentionnez les œuvres de Kafka et de Saint-Exupéry. Quels sont d’autres auteurs qui vous ont marqué?

Il y a plusieurs œuvres qui m’ont marqué. Je citerai Fernando Pessoa, Le livre de l’intranquillité. Je mentionnerai aussi Jean-Claude Charles Manhattan Blues, La vie devant soi d’Émile Ajar et La Promesse de l’aube de Romain Gary (même écrivain), il y a les Américains, Chester Himes, Hier te fera pleurer, James Baldwin un essai La prochaine fois le feu, Maryse Condé, Moi Tituba sorcière, Carson McCullers Le cœur est un chasseur solitaire et bien d’autres…

Biographie de Didier Leclair

Né à Montréal, Didier Leclair a vécu son enfance en Afrique et habite aujourd’hui à Toronto. Lauréat du Prix Trillium 2001 avec son roman, Toronto, je t’aime, il a été finaliste du Prix du Gouverneur général en 2004 pour Ce pays qui est le mien. Il a écrit ensuite d'autres ouvrages comme Le Soixantième parallèle, finaliste au prix Trillium 2011, Pour l’amour de Dimitri, lauréat du prix Christine Dimitriu Van Saanen et Le bonheur est un parfum sans nom , finaliste au prix Trillium 2018 parus en 2017 aux Éditions David.

Didier Leclair dans la Bibliothèque des Amériques