L’héritage d’Aimé Césaire 

Le 17 avril 2020 marque le douzième anniversaire du décès de l’écrivain martiniquais Aimé Césaire (1913-2008). À cette occasion, la Bibliothèque des Amériques revient sur son parcours hors du commun et présente plusieurs de ses œuvres.

Aimé Césaire, l’homme littéraire et politique

Aimé Césaire naît le 26 juin 1913 à Basse-Pointe en Martinique dans une fratrie de sept enfants. Son père occupe à ce moment un poste de fonctionnaire tandis que sa mère est couturière. Il obtient une bourse pour étudier au Lycée Victor-Schœlcher. Après l’obtention de son baccalauréat, il poursuit ses études en classe d’hypokhâgne au Lycée Louis-le-Grand à Paris en tant qu’étudiant boursier. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas. En 1935, il est admis à l’École Normale Supérieure où il rencontre Suzanne Roussi, sa future femme. En 1939, ils retournent tous les deux en Martinique afin d’enseigner au Lycée Victor-Schœlcher.

Deux ans après son retour, Aimé Césaire fonde la revue Tropiques qui paraîtra jusqu’en 1943 dans des conditions difficiles en raison de la politique du Gouvernement de Vichy. En Martinique, il rencontre le surréaliste André Breton qui préfacera son ouvrage Les Armes Miraculeuses. En 1944, il se rend à Haïti pour six mois avec son épouse pour un congrès de philosophie, ce qui démontre l’influence qu’ont eu ses travaux à l’époque. Un an plus tard, il est élu maire de Fort-de-France et député, une fonction qu’il occupera jusqu’en 1993. De 1945 à 1956, il est membre du parti communiste. Lors de ses mandats, il cherche à obtenir la départementalisation de la Martinique, ce qui se produit en 1946. Il fonde avec Alioune Diop la revue Présence Africaine à Paris qui devient par la suite, une maison d’édition. Il poursuit en parallèle une carrière politique et littéraire au cours de laquelle il publiera plus de quatorze œuvres. Aimé Césaire décède le 17 avril 2008 à Fort-de-France, des hommages du monde entier lui sont rendus.

Aimé Césaire et la négritude

Aimé Césaire est connu pour avoir développé le concept de « négritude ». Le terme apparaît pour la première fois dans le journal L’étudiant noir qu’il fonde avec notamment Léon Gontran Damas, Léopold Sédar Sengor et Birago Diop. Il la définit comme « la simple reconnaissance du fait d'être noir, et l'acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture » en réutilisant le terme nègre dont il renverse la portée injurieuse.

Dans leurs écrits, ils critiquent l’hégémonie de la culture européenne blanche et revendiquent une histoire et une identité culturelle propre au continent noir. Par conséquent, le courant de la négritude est dans son essence anticolonial en rejetant l’assimilation culturelle et une subordination raciste des lettres noires. En ce sens, l’œuvre d’Aimé Césaire peut être rapprochée des auteurs africains-américains du courant de la « Renaissance de Harlem » de l’entre-deux-guerres.

Aimé Césaire a toujours encouragé une francophonie plurielle et multiculturelle. Son œuvre est le reflet d’un pan littéraire pendant longtemps occulté au profit d’une voix européo-centrée. Comme il le souligne dans le recueil d’entretiens Nègre je suis, nègre je resterai : « Les Européens croient à LA civilisation tandis que nous, nous croyons "aux" civilisations, au pluriel, et "aux" cultures. Le progrès, avec cette déclaration, c'est que tous les hommes ont les mêmes droits, simplement parce qu'ils sont des hommes. Et ces droits-là, tu les réclames pour toi et les autres ».

Sélection des livres de la BA :

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